Portrait d’Antoine-Laurent Lavoisier et de sa femme – Jacques-Louis David

Portrait d'Antoine-Laurent Lavoisier et de sa femme - Jacques-Louis David

« La république n’a pas besoin de savants » a déclaré Fouquier-Tinville, accusateur public sous la Révolution Française. C’est bien « la hache de la Révolution » qui s’abat en 1794 sur les épaules d’Antoine-Laurent Lavoisier, coupable d’avoir tenu la fonction de fermier général. Membre du comité de Sûreté générale, le peintre Jacques-Louis David ne fait rien pour arracher Lavoisier à la mort. Six ans plus tôt, le peintre recevait du savant la somme astronomique de 7000 livres, pour lui peindre son portrait ; c’était près du double de ce que l’artiste avait touché pour les Horaces, une commande royale.

Lavoisier était non seulement un savant brillant, que l’histoire retiendra comme l’inventeur de la chimie, mais aussi un homme d’une grande fortune. Sa charge de fermier général, qui lui valut sa tête, consistait en la collecte des impôts pour la couronne. Avec sa femme Marie-Anne Paulze, fille d’un fermier général, Lavoisier formait un couple moderne de riches intellectuels.

Avec ce portrait, David s’immisce dans l’intimité du couple. Marie-Anne s’appuie sur l’épaule de son mari et sur la table à laquelle il était en train d’écrire, le surprenant en plein travail par un geste de complicité. Elle lance au spectateur un regard plein d’assurance et d’intelligence. Nous sommes loin des portraits de maîtresses royales ou de dame de salon. Le couple Lavoisier affiche sa modernité… et sa richesse. Grand drap de velours pourpre, manchettes, jabots… Ce portrait d’apparat devait être exposé au Salon en 1789, mais face à la ferveur révolutionnaire, Lavoisier se rétracta pour des raisons que l’on devine  facilement.

Portrait, ce tableau est aussi nature morte ; avec les ballons du chimiste placés sur la droite, dont les reflets et la texture révèlent toute la précision de l’art de David. A gauche, en arrière plan, on peut distinguer le porte-documents de Marie-Anne Lavoisier, artiste elle aussi, qui avait d’ailleurs pris des cours de dessin avec le maître David.

Portrait d’Antoine-Laurent Lavoisier et de sa femme, Jacques-Louis David, 1788, Metropolitan Museum of Art, New York, Etats-Unis.

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