La mort de Messaline – Georges-Antoine Rochegrosse

Rochegrosse_mort de messaline

Eté 48. Valeria Messalina, arrière petite-fille de Marc Antoine, épouse « le plus beau des jeunes Romains », Caius Silius. Une bien troublante union, puisque Messaline est déjà mariée à l’homme le plus puissant de Rome : l’empereur Claude lui-même ! Celui-ci est loin de là, en voyage officiel à Ostie. En apprenant la nouvelle par son homme de confiance Narcisse, Claude pense être victime d’un complot destiné à le remplacer. Silius et d’anciens amants de l’impératrice sont pourchassés et exécutés. Messaline, elle, se réfugie auprès de sa mère qui lui conseille de se suicider, ce qu’elle refuse. Mais face à l’irruption de Narcisse, Messaline s’empare d’un poignard et tente de mettre fin à ses jours. Elle est finalement exécutée par un soldat.

Suite aux écrits de Tacite et de Suétone, l’impératrice Messaline, « Augusta meretrix » (« la putain impériale ») est restée dans les mémoires comme l’incarnation de la dévergondée et de la nymphomane. Les historiens qui se sont penchés sur le sujet ont dénoncé cette image comme les exagérations d’une propagande visant à discréditer Claude.

C’est en 1916 que le peintre français Georges-Antoine Rochegrosse s’empare de ce pan de la « légende » romaine. Rochegrosse est connu pour avoir relancé au tournant du siècle un genre en déshérence : la peinture d’histoire. Son style pompier était mâtiné d’une chaleur orientaliste et se caractérisait également par une ultra-violence. Son œuvre est, pour Céline Doutriaux, « un exemple de peinture historico-sadique fin de siècle ». Son tableau « La Mort de Messaline » nous donne à voir une représentation particulièrement théâtralisée de la mort de l’impératrice, qui n’aurait pas déplu aux contempteurs contemporains de Claude. On voit ce dernier – en réalité absent au moment des faits – satisfait de voir son épouse sur le point d’être sauvagement égorgée. La mère de l’impératrice, éplorée et dans l’ombre, s’apprête à quitter la scène, toute entière caressée par la lumière du couchant.

La mort de Messaline, Georges-Antoine Rochegrosse, 1916.

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